DÉCADES

Les années deux mille dix …

 Global, le monde s’offre un nouveau Nouveau Monde, virtuel, celui du « Le Loft » permanent. 6 945 389 899 personnes sur la Terre, jeudi 12 mai 2011 à 9 h 27 min et 56 s. Entre Facebook, 622.276.680 d’utilisateurs en février 2011, Twitter, 210 millions, Linkedin 90 millions, Orkut et ses 50 millions de membres, le taux de pénétration des réseaux sociaux en ligne constitue la Nouvelle Frontière vers laquelle nous avançons. Vies  dédoublées où l’on passe autant de temps à filmer et à exposer, qu’à regarder, écouter, parler. Vies multipliées par les avatars, les pseudos, les blogues, les identités inventées, dans le même temps où l’explosion des revendications communautaires tendrait à faire penser que nous sommes en manque d’identité. J’accompagne, ou je succombe ?  Pesant le plus et le moins,j ‘y cherche mes amis, les poètes, les peintres  que mes départs, aux vents ont dispersé, délaissés comme l’enseigne qui a perdu son mouton.Que sont mes amis devenus ?

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Les décades qui suivent, nous précédent vers là où tout commence.

Les années deux mille…

Nous l’avions tant rêvé l’an 2000, depuis cinquante ans et même avant. Fut-il ce qu’il devait être, meilleur ou pire ?

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A l’Université comme ailleurs, les générations ne sont plus ce qu’elles étaient, installées dans la crise permanente elles ne peuvent attendre d’un sursaut explosif, que la vie change. La vie c’est tous les jours et pas des lendemains qui chantent. Avoir les pieds sur terre n’empêche pas de garder le talon haut, semelles de vent dans un monde mondialisé. « Rappelez-moi sans cesse la jeunesse… », il y a trente ans, quand j’étais chanteur. TF1, 20h sur le net, je découvre à depuis Montréal, ma fille interrogée par un journaliste dans une manif à Paris et mon fils à sept ans me rapporte de l’école le contentement de la métaphore. Et la vie va, défilent les décades. L’an dix-mille, tu t’en souviens ?

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Les années quatre-vingt dix…

Découverte de l’Amérique Latine, enfin. La sensation d’un continent attendu. Je me perds dans les rues de Buenos Aires mais la ville me rassure. Et je touche un nuage et je touche la terre. A l’aéroport d’Ezeiza, le visage se cache encore derrière la barbe, le sourire dissimulé sous la moustache. J’ai arrêté d’écrire et de chanter. Le temps est à la thèse.

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Rencontres avec d’autres peintres, Oscar Ojeda, Raúl González, Claudia Vasquez. Et puis il y eu Yolanda et Augusto Nux, les chaleureuses et profondes discussions dans leur maison de Paraná (Argentine), aux murs couverts des travaux du peintre, leur vie comme un roman, son art comme celui de vivre, profondément attaché à l´obsession de quelques paysages d´Entre Rios, à la manière de Cézanne pour la montagne Sainte-Victoire.

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Carlos Zito et Claude Mary, journalistes et écrivains, croisements de chemins entre Buenos Aires et Paris, Paris et Buenos Aires, un Guide du Jardin du Luxembourg et le Buenos Aires de Borges.

Sé de un pintor atrevido
Que sale a pintar contento
Sobre la tela del viento

(Poema XXIV – José Martí)

                                                                                             ech.png                                         

De la magie de l´art à l´art de la magie, juste un petit pas. L´ami Éric Chartiot me surprend, s´installe au Brésil, change de vie (cette « toile à peindre » comme disait Picasso), monte des spectacles, écrit des livres. Cette sédentarisation me donne le sentiment de mesurer ma dispersion de tous les côtés des saisons inversées. Entre les hémisphères je tente de rassembler des objets, des souvenirs, traces petites et grandes sans lesquelles nous ne pouvons vivre.

Les années quatre-vingt…

Un nouveau départ pour le Moyen-Orient, avant l’Afrique. Émois des premières publications, Transit, Damasquinage, Passim. J’apprends à « faire de la radio » sur Radio Scope Zahlé 100 MH. Organisation d’expositions, de spectacles de chanson, de parcours de poésie. Rencontres avec Gilles Elbaz , tournée au Liban, j’apprends comme les mots sont de la musique, les uns  à l’autre bien ajustés, puis avec Bernard Haillant en tournée au Ghana.

L’image : entretien avec Gilles Elbaz sur Radio Scope (1984). C’est comme à la radio… mais Gilles à disparu et Bernard s’en est-allé.

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Patrick Chardenet a publié :

1981, Transit, Editions Caractères

1985, Damasquinage, Editions Caractères

1986, Passim (Prix de la revue Poésimage), APDIS Editeur

A monté :

Transit, parcours poétique (Zahlé, Liban, 1985) ;

Damasquinage, parcours poétique (Centre Culturel Arabe Syrien, Paris, 1988), avec la collaboration de Jacques Chaussepied (lecture), Bachar Saoub (traduction et lecture), Salah Ayari (traduction), Michel Méresse (environnement musical), Pierre Crouzet (environnement plastique).

Membre (2002-2004) du Comité de rédaction de La Sape, revue d’expression poétique publiée avec le concours du Centre National des Lettres.

Rencontre avec Michel Méresse (poète, musicien)

Quatre poèmes (1993)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605145
ISBN : 978-2-906605-14-5

Une Chance d’hermine (1986)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605046
ISBN : 978-2-906605-04-6

De la plage à la page (1986)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605015
ISBN : 978-2-906605-01-5

Dits de la tour (1986)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605008
ISBN : 978-2-906605-00-8

Dits du sable (1986)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605022
ISBN : 978-2-906605-02-2

Insidieusement un nuage (1986)
Michel Méresse

Éd. Du Charbon Blanc

EAN13 : 9782906605039
ISBN : 978-2-906605-03-9

DAMASQUINAGE

(1988- P. Chardenet; Jacques Chaussepied; Pierre Crouzet; M. Méresse)

http://www.dailymotion.com/video/xadl6w

TRANSIT (1981)

Un soir à Damas

Un regard s’élance

                             en traversant

la fenêtre

Ébrèche la limite hérissée de verre

où se confond le ciel soumis

                             au règne de l’éclat

Ainsi la vue

probablement

pour ne plus se taire

retenait l’attention d’un soleil

disparu

sur le mur de chaux entre deux images

Ainsi la douleur entrave les élans

Tu es venue

décapiter

              le silence dans la nuit

de mes rayons

                      ordonnés

Je fermentais

dans le jus acide

                        du sommeil

au fil de la rivière

témoin endormi par

                              la rame

Un regard s’élance

du dernier étage sur

les poivriers rouges

                              l’esquisse

de ton cou

                J’arrive           

Où irons-nous

alezane

sur le dos

              des colères

sans pénétrer la nuit soluble

si nous n’entrons pas avec

                                         le flot secoué

dans l’estomac des évidences ?

Choc

Dans le sein de la mort

amoureuse

j’achève l’arrachée

Les témoins de pierre

résistent à mes doigts-serre

Et tu poursuis

                     le geste

de tes charmes le regard couchant

le limon

sur les rives de mon corps

plié

Que connais-tu

                      de moi ?

Tu commandes à la parole

                                         des desseins

pour sourire à la mort

et tu tombes avec elle

dans le lit bagarré

des images

J’ai reçu du feu

                       Je voulais

davantage

de cette nuit coupée

Comme une hernie

                             dans le ventre

de l’aube

je nais avec toi

les mains mûries

de défaites

Nous sommes

                     définitivement

allongés dans le corps de la braise

avec nos doigts allongés

                                      jusqu’au bout

des interrogations

le pouce à la joue

                           l’appel

du rivage derrière

l’Anti-Liban

                   pris

dans le filet de la nuit

l’horizon

traqué par mes frères

des vigies

DAMASQUINAGE (1985)

Damas des vents

Ce ciel autre part

sans appui

damier tendu

Ici devenir le hasard

tatoué d’ocre

Jupe passionnée de vent

un fruit pressé à cinq heures

je viendrai cueillir la langue

solstice de la ciselée

damasquinage des passions

O les étreintes entre deux murs

soupir des ruelles

Au front l’onguent du khamsin

Des éclats de voir dans les yeux

Sentinelle

ouvre tes jambes au sud

et au nord

parle parle parle

Étanchée

N’abandonne pas

                           ta robe

                            c’est la nuit qui

te déchire c’est

la nuit secrète de mon chant

rôdeur

Fais un pli

                 avec tes hantises montantes

marées traquées

                         Écart

deux mains de la transe

feuilletant le néflier

Je descends de mon mutisme

frayant chemin

à ma bouche autour

                               des crépitements

Insectes

Imagine la flambée des sels

faveur

femme choisissant la terre équestre

de tes voyages

Nuits chaudes

                     vents serré de Sham

nous nous accommodons de notre poids

appelant les glaces

mille oasis

                Alors ta robe

descend

session des pollens

Nous inaugurons l’aube

d’un verre brisé par nos ailes

PASSIM (1986)

Ksara

Nous voici

pris dans la formule sanguine

au

milieu du monde

abacules isolées de la mosaïque des conflits

dans l’équivoque permanente

d’un cadastre éraillé

(et nous buvons ce langage rouge

des partages jusqu’à plus soif)

Ici l’avenir angoisse les sabliers

l’instant obstinément totalise les doutes

Alors nous vidons nos verres

d’un trait

entre maintenant

et maintenant

 

Fragments traduits (par Salah Ayari)

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Rencontre avec Pierre Crouzet (peintre). Premières vraies toiles accrochées là où j’habite, Ksara, Kumasi.

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http://www.pierre-crouzet.com/

http://www.leportaildesantiquaires.com/index.asp?ID=1123

Patrick Chardenet a publié et co-organisé :

Catalogue 37e Salon Jeune Peinture, 1986 (Grand Palais, Paris), « Peindre au Liban » (présentation des œuvres de Yvette Achkar, Nada Akl, Laure Ghorayeb, Nicole Malhame Harfouche, Hassan Jouni. Moussa Tiba), p. 42.

Catalogue 39e Salon Jeune Peinture, 1988 (Grand Palais, Paris), « Peindre au Liban » (présentation des œuvres de Ato Delaquis, Victor Butler, Ablade Glover), p. 142.

Catalogue, Exposition Pierre Crouzet au Brésil, 1996, Galerie SESC Paulista, Sao Paulo.

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A monté (collaborations) :

Expositions collectives  (Liban, 1984 : Jeune peinture française ; France, 1986 : Peintres du Liban ; France, 1988 : Peintres du Ghana ; Corée, 1989, Séoul, Metropolitan art museum : Jeune peinture française).

Présentation individuelle dans exposition collective ( France 1992 Savigny le Temple : Biennale d’art contemporain : Raúl González)

Expositions individuelles (Argentine 1990 : Pierre Crouzet, Alliances Françaises Paraná , La Plata, San Juan , Museo R.Galisto de Rodriguez de Santa Fé ; Argentine 1993 : Claudia Vazquez à La Galerie, Alliance Française Buenos Aires Centre Belgrano  Pierre Crouzet à La Galerie, Alliance Française Buenos Aires Centre Belgrano; 1994 : Raúl González, Oscar Ojeda, à La Galerie, Alliance Française Buenos Aires Centre Belgrano ; Brésil, 1996 : Pierre Crouzet : Galerie SESC Paulista, Sao Paulo).

 

 

http://nada.akl.free.fr/pages/frameakl.html

http://onefineart.com/en/artists/yvette_achkar/

http://www.alba.edu/albatros/0504-yvette-achkar.html

http://hassanjouni.com/

http://www.onefineart.com/en/artists/hassan_jouni/index.shtml

http://www.moussatiba.com/

http://www.vmcaa.nl/vm/magazine/002/artikel001/index.html

http://www.slideshare.net/afrikart/2009-iiia-delaquis-glover

http://www.octobergallery.co.uk/artists/glover/index.shtml

http://www.hourglassgallery.com/web_pages/gloverpage.htm

http://www.artatblackswan.co.uk/butler_victor.htm

http://www.fcaghana.org/index.php?option=com_content&task=view&id=65&Itemid=50

 

Les années soixante-dix…

Le 2 octobre 1978, je pars pour Damas. J’apprends à comprendre ce que Le Fou d’Elsa emprunte à la littérature arabe et je découvre le Café Laterna où des hommes se levaient encore pour dire de la poésie avec Sayyab, Darwich, Adonis. L’image, dans un taxi,  sur la piste du désert entre Palmyre et Deir ez-Zor, bientôt l’Euphrate.

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C’est le milieu des années 1970. Chevelure d’époque, en ce temps là j’étais chanteur… et j’écoutais et je lisais  et j’écrivais. Des musiques, des voix surtout qui portent les mots, des images, des gestes qui enveloppent les choses, Ferrat, Ferré, Bob Dylan, Aragon, Neruda, Hikmet, Ritsos.

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Patrick Chardenet a écrit, composé et interprété :

Briser les brisants (1975)

Les silences (1977)

L’amour comme un pavé (1978) 

Que des mots d’amour (1978) 

Autour du cou du temps (1982)

Bleu le bleu (1982)

Le monde est comme une boule (1982)

Dans Bruxelles sous juillet (1982) 

 

Les années soixante …

Quinze ans et quelques mois, c’est mai 1968. L’âge où l’interdiction d’interdire a le sens que lui donne l’adolescent pris au jeu des reflets. Nous habitons à Meudon, avant que la Seine-et-Oise ne se transforme en Hauts-de-Seine. Dans ma chambre, le papier peint est d’époque, entre Calder, Spirou et l´horloge de l´ORTF. Première guitare et premières sensations fortes, trois accords et quelques mots. Les trente glorieuses commencent à suffoquer, c´est l´invention de la « société », ce miroir d´un monde fantastique naïvement ironisé.

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Les années cinquante …

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Première photo de classe, École du Val à Meudon. CM1 me semble-t-il. La question toujours posée qui en fit le succès d’une émission de télévision : que sont-ils devenus ? Je me souviens des frères Hélian, les enfants de Jacques, le chef d’orchestre.  Sur la plupart des visages, je plaque des attitudes, des comportements… et une place dans le classement mensuel, sur le carnet cartonné, complété à la plume, signé et remis solennellement par le Directeur, toujours son sifflet à la main, tenu par un énorme scoubidou droit à quatre fils.

 

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Souvenirs d’une douce enfance et de quelques maladies. Les médicaments sont forts, mal dosés. Nausées, séjours en montagne. Vacances à la mer. Les tirages photographiques sont de très petit format, on les oublie dans des boîtes, quelques rares albums commencés, jamais complets. Il faudra attendre encore dix ans, mon premier appareil photo, une Retinette Kodak IA, pour pouvoir infliger les soirées diapos à la famille, plus tard aux amis. De nombreuses images à jamais perdues dans un entrepôt saccagé à Beyrouth en 1985.

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